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Fabricants, donnez des perspectives aux planteurs !

par Peter Haegeman, Secrétaire général CBB

Depuis la suppression des quotas européens et du prix minimum pour le sucre, sans véritables mesures d’accompagnement, le secteur connaît un déclin apparemment sans fin. La chute des prix du sucre a entraîné une crise pour l’ensemble du secteur au cours des deux dernières année.

Un prix du sucre plus élevé est une condition nécessaire, mais non suffisante, pour y mettre fin. Et si la boule de cristal des observateurs, analystes et spécialistes indique que le prix du sucre devrait s’améliorer dans les prochains mois, la reprise se fait attendre.

Ce sont surtout les agriculteurs qui cultivent encore la betterave sucrière qui en pâtissent. Le prix de la betterave, qui est fonction du prix du sucre, a été entraîné dans la chute du prix du sucre. La betterave sucrière, autrefois pilier de la rentabilité des exploitations, est devenue l’un des mauvais élèves des grandes cultures. 

Ce n’est pas seulement le revenu qui est sous pression. Les coûts augmentent également. Avec la diminution constante du nombre de produits phytosanitaires, les betteraviers doivent changer d’approche : l’utilisation d’autres substances actives, souvent moins efficaces, implique une augmentation du nombre de traitements. Selon la CIBE, la facture de l’interdiction des néonicotinoïdes s’élève à 100 euros par hectare. Sans parler du rendement de betteraves à l’hectare qui est plus faible qu’avant...

Pour leur part, les fabricants de sucre, qui ont besoin d’un approvisionnement en betteraves suffisant pour rentabiliser leurs usines, comptent sur les planteurs de betteraves pour leur fournir les matières premières nécessaires. Mais vu les circonstances, cela ne va pas de soi. La rentabilité de la culture est, comme déjà mentionné, un point d’interrogation. Et avec le projet d’une nouvelle sucrerie à Seneffe, une alternative se concrétise ...

Aucun accord interprofessionnel n’a encore été conclu avec les deux sucriers existants d’ici 2020. La situation à la Raffinerie Tirlemontoise diffère de celle d’Iscal Sugar.

Toutefois, je voudrais souligner trois préoccupations communes. En effet, nous voulons que l’écosystème des planteurs de betteraves, c’est-à-dire des fabricants de sucre, reste vivant et puisse se développer.

La transparence des prix du sucre est le premier point. Il ne sert à rien de discuter de la «répartition de la valeur» si la valeur n’est pas claire.

Deuxièmement, les producteurs de betteraves doivent également pouvoir bénéficier d’une reprise sur le marché du sucre. Les grilles de prix doivent donc pouvoir garantir une répartition réelle de la valeur si les prix du sucre s’améliorent. Souvent, les fabricants de sucre, diversifiés, réalisent des bénéfices opérationnels, voire financiers, qui permettent de stabiliser, le cas échéant, la rémunération des planteurs.

Enfin, la participation des planteurs, via SOPABE et SOPABE-T, devrait également pouvoir être valorisée au propre comme au figuré. Ces participations ont bloqué des moyens financiers avec lesquels les fabricants peuvent travailler. Cet engagement à long terme doit être contractuellement récompensé. Demander aux planteurs de s’engager sur plusieurs années à semer de la betterave sucrière ne témoigne pas d’une grande confiance dans cette participation.

J’invite les membres des assemblées générales de SOPABE et SOPABE-T à accepter l’invitation que vous recevrez dans les prochains jours. Après la partie statutaire, nous donnerons la parole aux administrateurs délégués d’Iscal Sugar et de la Raffinerie Tirlemontoise pour qu’ils puissent présenter leurs points de vue sur le marché du sucre, l’industrie sucrière belge et la participation betteravière. Et, ce qui n’est pas sans importance, vous pouvez entrer dans un débat avec eux. Parce que du choc des idées, jaillit la lumière (au bout du tunnel...).

 

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