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Des solutions qui se font attendre

par Peter Haegeman, Secrétaire général CBB

Malgré un été radieux, les nuages noirs qui planent sur notre secteur n’ont pas disparu.

Les discussions avec les fabricants ne sont pas faciles et les accords interprofessionnels à conclure d’ici 2020 sont entachés par la situation médiocre et incertaine des marchés du sucre.

Avec Iscal Sugar, les négociations sont toujours en cours. Les différences entre les différents types de contrats, l’évolution des primes hâtives et tardives, la grille des prix et l’avenir de la coopération avec Suiker Unie sont quelques-uns des sujets à encore à discuter. A cela s’ajoute la discussion animée sur la qualité parfois médiocre des pulpes surpressées lors de la dernière campagne. 

A la RT, les propositions - sur lesquelles il n’y a pas d’accord avec les représentants syndicaux - ont été présentées aux planteurs. Hormis certains points positifs comme la suppression des frais de transport et l’alignement de la quantité minimale à emblaver sur le contrat de base, d’autres sujets essentiels posent problème.

Ainsi, le prix « moyen » minimum n’est garanti que pour 70 % des contrats (base et additionnel) sous certaines conditions. On reste dans une totale incertitude pour les 30 % restants et la proposition n’est intéressante que pour un prix du sucre en dessous de 390 euros la tonne. Mais pour pouvoir « bénéficier » de ce prix garanti, il faut semer suffisamment et en 2020 et en 2021 afin de pouvoir livrer une quantité de betteraves correspondant à celle du contrat de base.

Qui plus est, la nouvelle grille de prix, avec des prix des betteraves à 18°Z, donne, pour un prix du sucre entre 390 et 520 euros la tonne, un prix de la betterave inférieur à ce qu’il serait si on faisait simplement glisser le prix actuel à 17°Z vers un prix à 18°Z.

Bien évidemment, ce qui importe en fin de compte, c’est la rentabilité de la récolte mais avec les prix et les propositions actuelles, c’est insuffisant. Au travers de nos sociétés de participation, Sopabe et Sopabe-T, nous essayons d’assurer une relation durable avec les fabricants. Toutefois, il est crucial qu’en ces temps difficiles, ceux-ci fassent eux aussi tous les efforts possibles pour susciter et assurer un approvisionnement suffisant en betteraves et maintenir ainsi la rentabilité de leurs usines.

La nécessité d’une telle démarche a été plus que jamais démontrée ces derniers mois par deux dossiers au niveau européen.

Le premier est le résultat décevant des travaux du groupe de haut niveau sur le sucre, initiés au printemps 2019. Les États membres de l’Union européenne et la Commission ont fait un diagnostic assez clair des goulets d’étranglement dans le secteur de la betterave et de l’industrie sucrière. Mais lorsqu’il s’est agi de s’attaquer aux problèmes et de prescrire des remèdes, le choix a été fait soit d’attendre, soit d’établir qu’il n’y avait pas l’unanimité. C’est le cas, par exemple, des aides couplées et des néonicotinoïdes. Une attitude attentiste a été adoptée lorsque les conséquences néfastes de la disparition des quotas ou du Mercosur ont été discutées.

Cet accord de libre-échange - le deuxième dossier européen que je voulais aborder avec vous - promet d’occuper la CBB pour les deux ou trois prochaines années. C’est le temps qu’il faudra aux États membres et aux parlements nationaux pour approuver cet accord. Comme vous pouvez le lire ci-dessous, il s’agit d’un défi particulièrement sérieux pour le secteur betterave-sucre de l’UE. Nous avons déjà pris contact avec tous les ministres concernés aux différents niveaux de pouvoir ainsi qu’avec les groupes parlementaires. Le secteur agricole (sucre, …) est à nouveau utilisé comme monnaie d’échange dans ces négociations et nous sommes également confrontés à une concurrence qui ne doit pas répondre aux mêmes exigences environnementales et sanitaires qu’en Europe.

A très court terme, la question brûlante est la suivante : que va nous apporter cette nouvelle campagne ? Les deux fabricants ont fait une série d’investissements pour assurer leur bon fonctionnement après que des silos de la RT aient été mis hors service l’an dernier et qu’Iscal Sugar ait dû interrompre sa production à plusieurs reprises. Votre confédération est prête à assurer le bon déroulement des réceptions et, si nécessaire, à appuyer vos fédérations à faire entendre votre voix dans les différents comités d’usine.

Bonne chance !

 

Pour consulter la dernière édition du Betteravier, cliquez ici.

 

Abeilles et betteraves.


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