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Memorandum CBB: semer pour récolter

 par Peter Haegeman, Secrétaire général CBB

Dans quelques semaines, le 26 mai, des élections auront lieu dans notre pays. Ce ne sera pas n’importe quelle élection : ce n’est que la deuxième fois que les scrutins fédéraux et régionaux coïncident. Et ensuite, qu’en sera-t-il des majorités à trouver et des gouvernements à former  ? Ces majorités serontelles les mêmes ? Ou bien différeront-elles selon les différents niveaux politiques ? Voilà une question intéressante pour les faiseurs d’opinion et les politologues... mais aussi pour les citoyens et les entreprises. En fait, la question clé est de savoir si cela débouchera sur une politique cohérente. Cela vaut certainement pour notre secteur qui doit tenir compte des réglementations des différents niveaux de pouvoir.

La CBB a donc listé les attentes des producteurs de betteraves afin de pouvoir les proposer dès maintenant et de manière systématique aux partis politiques et ensuite, aux élus et aux décideurs politiques.

Avec vous, je voudrais m’attarder sur deux de ces attentes : la durabilité et l’innovation.

Une première attente, très importante, concerne la durabilité que la société attend de l’agriculture. Nous voulons y contribuer avec la culture de la betterave. Sans oublier que beaucoup d’efforts ont déjà été faits. Et sachant que notre culture est durable en soi : la betterave génère cinq fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme, elle peut être utilisée entièrement, c’est-à-dire avec peu de déchets, non seulement pour l’alimentation humaine, mais aussi pour l’alimentation animale ainsi que pour d’autres applications comme les biocarburants.

Pour beaucoup, la durabilité commence par les produits phytosanitaires. Nous préconisons pour la protection phytosanitaire une approche cohérente et réaliste, basée sur une évaluation des risques aussi objective que possible. La cohérence signifie ici, par exemple, d’éviter qu’un niveau politique ne cherche pas à faire «mieux» qu’un autre.

L’innovation est étroitement liée à la durabilité. Il s’agit là d’un élément crucial, en particulier par le biais de la recherche et du développement, pour sauvegarder et accroître la viabilité économique de la betterave et son caractère durable. Cela exige une législation orientée vers l’avenir qui facilite à la fois le développement de nouvelles variétés et la rapidité avec laquelle cela peut se produire. Et aussi les moyens nécessaires pour permettre la recherche appliquée et le développement. Je pense ici à l’amélioration génétique et aux nouvelles techniques de sélection NBT (New Breeding Techniques).

Bien sûr, nous ne devons pas oublier qu’avec les parlements fédéral et régional, nous allons aussi nommer de nouveaux représentants européens. Et par la suite, une nouvelle Commission sera également mise en place.

Nous attendons de l’Europe, maintenant que les quotas de sucre ont été abolis et que la concurrence mondiale s’est pleinement développée, qu’elle fournisse aux planteurs de betteraves les outils nécessaires pour être compétitifs et rentables.

Les acteurs du marché doivent pouvoir disposer des instruments nécessaires et adéquats pour faire face à l’augmentation des risques et à la volatilité accrue des marchés. La connaissance de ces marchés - en d’autres termes, la transparence des prix de la betterave - est un point de départ essentiel. Nous avons encore un long chemin à parcourir à cet égard.

Un autre point douloureux, pour lequel nous attendons une réponse ferme de la part de l’Europe, est la concurrence avec le sucre des pays tiers. On constate en effet que notre marché du sucre communautaire est de plus en plus ouvert aux importations en provenance de pays tiers. Trop souvent, le sucre est utilisé comme monnaie d’échange dans les accords commerciaux. Dès lors arrive sur le marché un sucre qui ne répond pas aux mêmes normes environnementales, sociales et de sécurité alimentaire que le sucre européen. Il est donc essentiel que les règles du jeu soient les mêmes pour tous.

La voix du peuple sera donc entendue le 26 mai. Nous continuerons à travailler pour que la voix de notre secteur et de notre filière soit entendue haut et fort. Votre confédération sèmera. Quant à savoir si la récolte sera généreuse … Cela dépendra de ce qui sera décidé et mis en œuvre par la suite par nos politiciens, dans les différents domaines politiques.


Les firmes suivantes ont apporté leur soutien matériel à l’organisation  du 23ème Congrès de la CBB

Sponsors Congrès CBB 2019

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Abeilles et betteraves.


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