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Zones d’ombre sur la prochaine campagne


par Peter Haegeman, Secrétaire général de la CBB

 

 

La campagne 2017-2018 est à peine terminée. Le bilan final n’a pas encore été tiré, et déjà se profile la prochaine campagne. Le cadre de la campagne à venir est en préparation sur plusieurs fronts et les incertitudes sont aussi importantes que nombreuses.

En voici quelques-unes. Les deux fabricants de sucre sont encore en train d’écrire les accords interprofessionnels de la campagne 2018/19. A cause d’un avancement des commandes de graines de betteraves, l’approbation de certains échantillons nécessite des mesures spéciales, ... Et, - last but not least -, la baisse des prix européens et mondiaux du sucre suite à la suppression des quotas suscite de nouvelles questions sur la rentabilité de la culture betteravière.

Pour le secteur Betteraves-Sucre, la nouvelle campagne est donc plus que jamais un saut dans l’inconnu. Malgré ces incertitudes, l’important aujourd’hui est de réaliser les semis de betteraves rapidement et dans de bonnes conditions, comme me l’ont appris un certain nombre de planteurs expérimentés.

Les chiffres le confirment : les rendements record de cette année sont en grande partie liés aux températures élevées et aux longues périodes de sécheresse de 2017. Nous attendons donc le beau temps et nous sommes tous impatients de voir arriver le printemps. Et pourtant, au sens figuré, il faut bien admettre que quelques nuages sombres se rassemblent au-dessus des champs ... L’un de ces nuages est le focus mis par un certain nombre de politiciens et d’intervenants sur les produits de protection des cultures.

Nous ne pouvons qu’espérer que ces discussions seront menées avec la neutralité et l’objectivité nécessaires et aussi, avec le pragmatisme requis.

L’intention de ce souhait n’est certainement pas d’éviter le débat. Les producteurs de betteraves sont parfaitement conscients qu’ils ont à gérer ces intrants de manière responsable et agir en conséquence. La preuve ? En trente ans, la quantité de produits de protection des cultures utilisés en culture betteravière a été réduite à un tiers.

Néanmoins, dans un certain nombre de cas, l’utilisation de ces produits reste une nécessité. Les néonicotinoïdes en sont un bon exemple. Il n’y a jusqu’ici aucune preuve concluante que ces produits soient nocifs. Et actuellement, à court et à moyen terme, il n’y a simplement aucune alternative à leur utilisation. Alors, pourquoi déclencher une chasse aux sorcières ?

En matière de neutralité et d’objectivité, l’enquête sur les «pesticides» menée par la Commission européenne auprès des citoyens est discutable. Même sans beaucoup d’imagination, vous pouvez déjà en prédire les conclusions avec un haut degré de certitude ... Les déclarations faites par le Ministre belge de l’Agriculture, Denis Ducarme, lors de la réunion annuelle de la Fédération Wallonne de l’Agriculture ont été rassurantes et ont témoigné d’un grand pragmatisme. Les producteurs de betteraves n’ont pas de message destiné à régler les comptes entre les politiciens et les multinationales, mais cherchent à protéger leurs plantations contre les maladies et les ravageurs ainsi qu’à assurer la rentabilité de leurs cultures.

Espérons que cette perspicacité atteigne également les lieux où les décisions seront finalement prises. Et que cela se fasse rapidement, comme l’incertitude en tout début de préparation de la campagne 2018-2019 est déjà suffisamment grande.

 



 

Les résultats Variétés 2017 se trouvent ici.

Pour consulter la dernière édition du Betteravier, cliquez ici.

Veuillez nous aider à comprendre la situation des producteurs de betteraves sucrières belges. Veuillez participer à l'enquête SUFISA. Merci d'avance. Utilisez ce lien.

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