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Voilà à nouveau la saison de tous les espoirs

par Peter Haegeman, Secrétaire-général de la CBB

 

Les semis de betteraves battent leur plein. Les conditions météorologiques et pédologiques sont déterminantes. Les conseils donnés par l’Institut de la betterave (IRBAB) aideront les planteurs à poser les bases d’une bonne germination, d’un bon développement et, finalement, d’une bonne récolte.

Beaucoup de choses sont encore incertaines, mais ce qui est certain, c’est qu’un travail de qualité sera à nouveau fourni. L’expertise et le dévouement des planteurs belges sont largement reconnus. Seules les maladies, les ravageurs et les conditions climatiques défavorables peuvent mettre des bâtons dans les roues.

A cet égard, il faudra attendre de voir si la jaunisse virale perce. Jusqu’à l’année dernière, l’utilisation à grande échelle de semences enrobées permettait de bien maîtriser cette maladie, mais en 2020, le virus de la jaunisse a fait son apparition en force. En tant que secteur, nous avons obtenu pour cette année une autorisation d’urgence pour utiliser les néonicotinoïdes que l’Europe a interdits. Toutefois, cette autorisation est de plus en plus limitée. Elle s’accompagne encore de conditions très strictes sur les cultures suivantes. C’est mieux que rien... Dans près de quinze autres États membres de l’UE, il existe désormais aussi des autorisations d’urgence, dont les conditions sont souvent plus souples et donc plus réalistes. Nous devons être attentifs à cela. 

Entre-temps, et toujours dans le cadre de l’IRBAB, nous travaillons à des alternatives et des solutions qui peuvent nous aider de manière structurelle et durable à l’avenir. Toutefois, cette recherche nécessite des personnes et des ressources. Et du temps. Nous nous tournons également vers les pouvoirs publics pour obtenir des moyens humains et financiers. Le temps passe vite, dit-on, mais le temps nécessaire à la recherche et au développement de la matière vivante est difficile à accélérer.

La question clé au début des semis est à nouveau : le travail des betteraviers sera-t-il justement rémunéré ? Cela dépend de nombreux facteurs, mais avant tout du prix du sucre et ensuite de la volonté des fabricants de partager la valeur ajoutée.

En ce qui concerne le prix du sucre, les derniers signes sont plutôt encourageants. Comme vous pouvez le lire dans Le Betteravier, les prix mondiaux semblent se stabiliser quelque peu en ce moment. Le maintien d’une production de sucre inférieure à la consommation pourrait encore faire grimper ces prix. Sur le marché européen également, une hausse des prix semble plausible en raison de la combinaison d’une production plus faible, d’exportations plus importantes et de stocks réduits. Les prix communiqués récemment par la Commission européenne montrent cette tendance. On peut peu à peu espérer qu’ils évolueront dans le sens de l’ancien prix seuil d’environ 400 euros.

Après les périodes difficiles de ces dernières années, où de nombreux producteurs ont produit des betteraves au prix de revient ou en-dessous, un redressement est absolument nécessaire. La superficie ensemencée en betteraves sucrières n’a cessé de diminuer ces dernières années. C’est également le cas dans les autres pays betteraviers européens, souvent de manière plus prononcée qu’ici. Les fermetures d’usines et les parasites y ont également joué un rôle important. 

Les autorités européennes elles aussi s’interrogent sur le développement de la filière betterave-sucre depuis la disparition du système des quotas. Un certain nombre d’études et d’enquêtes devraient apporter des réponses avant la fin de l’année. La CBB et la CIBE y ont participé activement et continueront à en assurer le suivi. Espérons que les conclusions nécessaires seront finalement tirées. Les réformes de l’organisation commune de marché dans le cadre de la nouvelle PAC en sont aussi l’occasion. Et n’oublions pas que dans tout cela, les agriculteurs sont poussés dans un carcan toujours plus «vert» et «durable». 

Dans notre pays, en revanche, un nombre certain d’agriculteurs continue de croire à la culture de la betterave. Cependant, ils attendent à juste titre leur part du gâteau. S’ils veulent assurer l’approvisionnement des sucreries et mener des campagnes suffisamment longues, il est nécessaire que les transformateurs de betteraves donnent des signaux clairs à leurs planteurs «fidèles». Car, rappelons-le, il n’y a pas de culture de betteraves sans sucreries, ni de sucreries sans betteraves en suffisance et de qualité...

 

 

 

 

 

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