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Coronavirus : osons tirer des conclusions dès à présent

par Peter Haegeman, Secrétaire général CBB

Au moment d’écrire cet éditorial, vous, planteurs de betteraves, êtes occupés à semer. Vous posez les bases - espérons-le - d’une récolte prometteuse à l’automne, d’une campagne sans heurts et d’une juste rémunération par la suite. C’est donc une période cruciale pour vous.

Dans le même temps, le monde entier est sous le coup du coronavirus. Dans notre pays, le secteur des soins de santé en particulier mais aussi tous les secteurs indispensables à notre société travaillent aussi d’arrache-pied et chacun s’efforce de limiter la propagation du virus. Je voudrais également remercier nos partenaires, l’IRBAB et les fabricants de sucre, qui veillent à ce que l’on puisse continuer à compter sur eux dans notre secteur et au-delà.

Nous vivons en effet une situation dans laquelle il faut agir mais aussi réfléchir à ce qui est essentiel dans une période de crise comme celle-ci. Et ensuite, il faut prêter une attention particulière à distinguer l’essentiel de l’accessoire. 

Concernant la crise du coronavirus, c’est le président français Macron qui a établi très explicitement le parallèle avec une situation de guerre. Ici aussi, il s’agit de distinguer l’essentiel de l’accessoire. Et beaucoup de gens le font, en revenant à des «valeurs primordiales». Ils reviennent aux relations humaines, à ce que signifient la famille et les amis. Ils se rendent aussi compte que les produits alimentaires sont des denrées précieuses et que nous aurions intérêt à les produire nous-mêmes. Ou du moins, à ne pas les abandonner complètement à d’autres à l’autre bout du monde.

Nous avons constaté que la population a commencé à accumuler un certain nombre de denrées alimentaires de base. Subitement, les rayons des boissons rafraîchissantes ont été délaissés tandis que ceux du lait ont été rapidement vidés. Les pâtes et la farine sont toujours très demandées lorsque de nouvelles mesures de confinement sont attendues. Même un produit aussi «décrié» que le sucre est de nouveau très prisé ...

Certains rappellent même que la politique agricole commune européenne devrait avant tout viser à éviter qu’il y ait des pénuries, comme ce serait le cas si nous devions désormais commencer à nous approvisionner auprès d’autres continents.

Avons-nous cette fois atteint la limite de la mondialisation ? Ne devrions-nous pas intégrer ces constats de façon plus explicite dans les accords commerciaux conclus par l’Union européenne? Ne faut-il pas arrêter de brader notre souveraineté alimentaire et sanitaire ?

Ne tombons pas dans un opportunisme pur et dur, mais n’ayons pas non plus la mémoire trop courte. Lorsque nous serons libérés de cette période de crise d’auto-confinement, de cette guerre, il ne faudrait pas oublier trop vite toutes ces leçons et ces pensées mais, au contraire, en retenir les enseignements fondamentaux. Car demain, il n’est pas impossible d’être affecté par une crise sanitaire encore plus meurtrière. Entre-temps, vous continuez certainement à labourer et à semer. J’espère que votre travail sera apprécié à juste titre, et peut-être même plus qu’auparavant …

 

Vous trouverez les prix moyens des graines de betteraves pour la campagne 2020 en cliquant ici.

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