CBB asbl (Confédération des Betteraviers Belges)

Présidence CBB : Marcel Jehaes passe le flambeau à Jef Cleiren

Le 29 septembre dernier, le Bureau a élu Jef Cleiren à la Présidence de la CBB. Dans cet édito, le Président sortant, Marcel Jehaes, et son successeur vous adressent respectivement leurs dernier et premier message.

Voici le moment d’écrire mes dernières lignes dans cet édito car mon mandat de Président de la CBB touche à sa fin. Le flambeau que m’avait confié Mathieu Vrancken il y a déjà quatre ans passe maintenant dans les mains de Jef Cleiren.
Je ne peux que vous rassurer car Jef possède non seulement les qualités indispensables (fédérateur, dynamique et volontariste) pour diriger la CBB et représenter partout efficacement tous les planteurs belges mais en plus, il est parfait bilingue et a une longue expérience syndicale ainsi qu’une très bonne connaissance du monde betteravier belge.
Pour en revenir à ces quatre dernières années, je retiendrai plusieurs enseignements forts et utiles pour l’avenir. D’abord, ce fut la première Présidence post-quota ou plutôt l’entrée sans préparation et sans protection dans le contractuel. Le résultat est malheureusement dramatique pour le revenu de la culture betteravière partout en Europe avec de nombreuses fermetures d’usines et des gros groupes sucriers en difficulté sauvés par leurs activités de diversification. Faut-il désespérer ? Non, car notre trio de Ministres de l’agriculture belges l’a compris et a défendu au Conseil européen notre demande de permettre au sucre d’être classé parmi les produits agricoles pouvant bénéficier de l’intervention publique afin de contrer la chute des cours comme en 2018. Nous avons échoué de peu car seulement quatre pays (France, Pologne, Allemagne et Belgique, pourtant principaux producteurs) ont soutenu cette demande. Je suis convaincu que nous pouvons y arriver sous une autre forme avec plus d’alliés, des fabricants de sucre plus réalistes sur le sujet, un lobbying plus intense au niveau européen et surtout des outils de communication plus performants. Nous pouvons arriver de la sorte à stabiliser le prix du sucre et retrouver un prix de la betterave plus stable, attractif et rémunérateur. La régulation des marchés agricoles n’est pas un outil du passé mais bien une nécessité pour assurer une souveraineté alimentaire plus durable avec des standards efficaces en matière sanitaire.
Comme deuxième enseignement, je retiendrai votre volonté d’investir dans les outils de transformation de la betterave. L’expérience CoBT, la conversion d’une première tranche d’obligations SOPABE-T en actions Südzucker et l’attachement des planteurs d’Iscal Sugar à leur société de participation SOPABE démontrent qu’à plus long terme, il reste chez vous un réel espoir dans la culture betteravière mais qu’il passe par l’acquisition partielle voire totale de vos sucreries.
Comme troisième et dernier enseignement, je retiendrai le souci de nos Ministres de l’agriculture de trouver des solutions efficaces, économiques et rentables pour protéger et conduire la culture betteravière pendant sa période de croissance. Après avoir été injustement stigmatisés par certains avec des raisonnements intégristes, nous commençons à être entendus et même défendus. La sévère crise de la jaunisse en France, de par son caractère spectaculaire et liée aussi
au réchauffement du climat, a démontré la pertinence de nos arguments. Bien sûr, il reste encore à convaincre les autorités européennes abonnées à une forme de surdité sélective. Quel que soit le sujet, le gros paquebot européen a besoin de temps et d’espace pour changer de cap et en revenir à plus de pragmatisme. Voilà bien du travail pour mon successeur rien que sur les sujets que je viens d’évoquer.
En conclusion, je remercie tous ceux qui m’ont accordé leur confiance pendant cette période très agitée (elle fut tout sauf un long fleuve tranquille) mais permettez-moi d’accorder une reconnaissance spéciale à tous ceux qui m’ont aidé de près et de loin tout au long de mon mandat. J’espère avoir apporté ma pierre à la reconstruction du secteur Betteraves-Sucre et je
suis convaincu que Jef fera encore mieux.■
Marcel Jehaes

Voici l’heure d’écrire mes premières lignes dans Le Betteravier, au moment où je reprends le flambeau de la Présidence de la CBB. Tout d’abord, je tiens à remercier pour leur confiance ceux qui m’ont désigné à la tête de la Confédération pour représenter l’ensemble des betteraviers belges. Je remercie aussi Marcel Jehaes pour le travail accompli dans des conditions syndicales et de marché plus que difficiles. Je m’engage à continuer dans sa ligne ainsi que celle nos prédécesseurs à la tête de la CBB.
Dans ce premier éditorial, je ne serai pas très long. Je dois encore m’investir à plusieurs niveaux, notamment dans les dossiers nationaux et européens, si bien que mes soirées seront bien remplies. Un des objectifs qui me tient particulièrement à cœur est de souder, aussi bien au niveau du Bureau que celui des permanents, une équipe efficace et productive pour arriver non seulement à augmenter la rentabilité mais aussi à pérenniser le revenu de la betterave. C’est un combat qui doit être mené à plusieurs niveaux.
D’abord, celui des techniques culturales et des semences. En nous appuyant sur l’expérience et le savoir-faire de l’IRBAB, nous devons veiller à ce que la disparition effective et annoncée de plusieurs produits phytosanitaires cruciaux pour la culture betteravière, ne mène pas à la disparition d’une boîte à outils efficace dans le chef du betteravier. Il est absolument indispensable que les considérations en matière de durabilité soient indissociablement liées avec des impératifs économiques.
Ensuite, sur le plan interprofessionnel et pour défendre les intérêts communs du secteur Betteraves-Sucre, nous
devons continuer à travailler à entretenir des relations constructives entre planteurs et fabricants et surtout, à
conscientiser les transformateurs de nos betteraves sur l’importance de l’ancrage local de notre industrie et de
notre culture. Dans ce contexte-là, renforcer le rôle de nos sociétés de participation SOPABE et SOPABE-T me
semble indispensable pour consolider les liens entre betteraviers et sucriers.
Enfin, n’oublions pas de mettre en avant les qualités de la betterave en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il faut non seulement que notre filière soit attentive aux menaces qui peuvent découler des politiques menées en la matière, mais nous devons aussi être prêts à nous impliquer dans les initiatives qui se prennent à ce sujet et à en saisir les opportunités.
Voici, dans les grandes lignes, mes ou plutôt nos préoccupations. De nombreux défis nous attendent. C’est avec détermination et avec toute l’équipe CBB que je veux les relever. Dans les semaines qui viennent, je prendrai le temps d’aller à la rencontre de plusieurs d’entre vous et reviendrai sûrement plus en détail sur ces différents enjeux. ■
Jef Cleiren, Président de la CBB

Qui est Jef Cleiren ?
Jef Cleiren est né en 1958 à Lillo dans la province flamande d’Anvers, comme le plus jeune et seul fils d’une famille de 5 enfants. Suite à l’expropriation de la ferme familiale pour l’expansion du port d’Anvers, ses parents ont repris en 1963 une exploitation agricole à Petit-Hallet en Hesbaye wallonne, ce qui explique notamment pourquoi Jef est parfait bilingue.
En 1982, après son service militaire, il reprend la ferme familiale, une exploitation mixte de grandes cultures
et d’élevage. Et la même année, il livre ses premières betteraves à la Raffinerie Tirlemontoise. Récemment, il a
cessé ses activités d’élevage et a déménagé à Hélécine, dans le Brabant wallon où il se concentre désormais pleinement sur les productions végétales.
Le nouveau Président a acquis une grande expérience au sein de l’organisation betteravière à travers les
différentes responsabilités qu’il a assumées. Il est membre des Organes d’Administration de la Fédé-RT et du Comité de Coordination de Hesbaye depuis de nombreuses années. En 2016, il a rejoint le Bureau de la CBB en tant qu’invité.
Jef Cleiren siège également à l’Organe d’Administration de la société de participation SOPABE-T depuis 2017 et a représenté celle-ci au sein de l’ancien Conseil d’Administration de la Raffinerie Tirlemontoise pendant trois ans. Sa Présidence à la tête de la CBB signifie qu’il démissionne de la Présidence du Comité d’Usine de Tirlemont, poste qu’il a occupé pendant de très nombreuses années.■

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