CBB asbl (Confédération des Betteraviers Belges)

Pas question de rester indifférent à l’inflation des coûts

Peter Haegeman, Secrétaire général de la CBB

Nous sommes maintenant à quelques jours de la fin de la campagne 2021. Nos représentants syndicaux ne manqueront pas de faire le point sur son déroulement, avec les fabricants. Quels ont été les goulots d’étranglement à la réception des betteraves ? Quels ont été les performances industrielles des sucreries ? Ces questions permettront ensuite de formuler des propositions constructives pour faire les choses différemment et mieux lors de la prochaine campagne.

Ensuite, l’attention se portera sur ce que la culture des betteraves aura donné cette année, ou plutôt l’année dernière. Pour cela, nous devons, en Belgique, examiner l’évolution actuelle des prix sur le marché européen du sucre. Et c’est encourageant. Depuis plusieurs mois, le prix du sucre semble suivre une tendance permanente à la hausse. On peut parler d’une tendance durable car les « fondamentaux » sont favorables. C’est ainsi que les spécialistes du marché décrivent les facteurs sous-jacents qui influencent le prix du sucre. Ils indiquent un marché où l’offre n’est pas suffisante pour répondre à la demande. Et cette pénurie continue de faire grimper le prix du sucre.

La question est bien sûr de savoir dans quelle mesure les producteurs de betteraves en profiteront également. La hausse des prix sera-t-elle suffisamment forte pour que nous nous
retrouvions dans les parties des tableaux des prix qui sont avantageuses pour les betteraviers ? Et les prix, seront-ils suffisamment rémunérateurs et inspirants pour continuer à semer suffisamment de betteraves dans les années à venir ?

À cet égard, nous ne devons pas être aveuglés, surtout ces derniers mois, que par le prix du sucre et le prix des betteraves qui y est lié. Comme dans d’autres secteurs de l’économie, les
agriculteurs doivent faire face à de fortes augmentations de leurs coûts de production. L’aspect le plus pénible semble être l’explosion du prix des engrais azotés, encore aggravée par la disponibilité problématique qui menace dans les prochains mois. La hausse des prix du gaz, la demande dans d’autres parties du monde et les coûts de transport élevés y contribuent.

À cela s’ajoutent les coûts énergétiques et la nécessité d’utiliser des produits phytosanitaires de plus en plus coûteux. Nos clients, les fabricants, doivent également en tenir compte lorsqu’ils
paient nos betteraves. Les modalités peuvent être discutées, mais le principe doit être clair !

Nous ne devons pas être aveuglés que par le prix du sucre

et le prix des betteraves qui y est lié.”

Lorsque nous voyons les augmentations de prix dans les rayons des magasins que les fabricants de produits alimentaires et les détaillants disent qu’ils «doivent» appliquer, il est logique que le premier maillon de la chaîne, l’agriculture, réclame également sa part du gâteau.

Nous ne demandons pas seulement des efforts aux fabricants de sucre. Le gouvernement doit également prendre des mesures. La CBB étudie comment la récente législation européenne et belge peut nous aider à répercuter les hausses du prix de revient. Si une nouvelle législation reste dès le début lettre morte alors que les maillons les plus faibles de la chaîne alimentaire sont en grande difficulté, nous devons oser nous poser de sérieuses questions sur la qualité de cette législation …

Le gouvernement doit également procéder de toute urgence à un examen de conscience sur un autre front. Après tout, il y a un autre «chantier» où ils peuvent faire mieux. Trop souvent, les mesures sont prises sans tenir compte de la faisabilité économique de l’agriculture. Je dois sortir le dossier des néonicotinoïdes ad nauseam pour cela. En effet, il est interdit de s’en servir pour lutter contre la jaunisse, mais à court terme, seules des alternatives moins efficaces et plus coûteuses sont disponibles. Grâce à une analyse d’impact approfondie et objective, tant sur le plan agronomique qu’économique, il aurait été possible d’éviter cela.

J’espère que ces différentes suggestions figureront parmi les bonnes intentions dans les «résolutions du Nouvel An» des industriels et des responsables politiques. De toute façon, les syndicats betteraviers régionaux et la CBB le leur rappelleront en temps voulu….

Encore une fois, tous mes vœux pour 2022, une nouvelle année de défis et d’opportunités !

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